Que faire à Alençon ?

Un petit tour à Alençon

Alençon est une ville incomprise. Elle a d’ailleurs été choisie avec 5 autres villes du pays par France 3 pour le reportage « On a voulu voir… ». Une série documentaire qui met en lumière des villes moyennes mal-aimées. C’est pour dire ! Et pourtant, Alençon n’a pas dit son dernier mot. Même si la fermeture des usines Moulinex en 2001 a jeté un mauvais sort sur la ville, la préfecture du département de l’Orne de 26 000 habitants renaît doucement de ses cendres. Laissée pour compte au détriment du Mans, elle tire aujourd’hui partie d’un tourisme vert grâce à sa proximité avec le Perche et le parc naturel régional Normandie-Maine. Mais ce n’est pas tout, car cette tranquillité cache aussi un patrimoine gardé par ses habitants et une gastronomie qui ravira les gourmets. Petit tour d’horizon pour savoir que faire à Alençon pour un week-end.

Une visite d’Alençon avec les locaux

Connaissez-vous les Greeters ? Le concept a été fondé par une New-Yorkaise en 1992. Le principe est simple. Le voyageur est guidé par un habitant. Indépendamment des circuits touristiques basiques et hors des sentiers battus, l’hôte bénévole emmène le visiteur découvrir sa propre ville. Il partage ses coups de cœur, ses anecdotes et ses bonnes adresses.

Les Greeters ont comme valeurs fondamentales de s’inscrire « dans une démarche de tourisme durable en respectant l’environnement et l’homme (…) Ils favorisent l’enrichissement mutuel et les échanges culturels entre individus pour un monde meilleur ». What else pour plaire à la fourmi ? Ça faisait longtemps que j’avais entendu parler de cette initiative, mais ce fût la première fois que j’en profitais ! Et quelle chance ! Thierry me guide d’abord dans un Alençon minéral, à la découverte du patrimoine et des trésors cachés puis Catherine m’emmène dans son Alençon végétal.

Pour réserver votre visite, contactez les greeters d’Alençon ou l’office de tourisme.
Si vous préférez visiter la ville en autonomie, vous pouvez récupérer un guide de découverte à l’office de tourisme pour savoir que faire à Alençon ou télécharger l’application mobile.

Les trésors cachés d’Alençon de Thierry

Chemise à fleurs, barbe blanche et chignon sur la tête, Thierry m’accueille avec son livre sur l’histoire d’Alençon sous le bras. Ancien enseignant à la retraite, il se félicite de voir le nombre de visites augmenté depuis quelque temps. Il m’emmène avec lui découvrir le patrimoine et me raconte la ville, sa grande histoire et sa petite. Entre anecdotes personnelles, faits historiques et conseils avisés, mon regard sur Alençon s’aiguise au fur et à mesure.

La Basilique Notre-dame et la place de la Magdeleine

La basilique Notre-dame s’impose sur la place de la Magdeleine. Son portail gothique flamboyant est souvent comparé à de la dentelle, en référence au savoir-faire local. C’est la scène, assez rare, de la transfiguration qui est représentée. Saint-Jean tourne le dos au peuple de la rue. Sainte Thérèse de Lisieux a été baptisée dans cette église.
Il est d’ailleurs possible de visiter sa maison natale et la chapelle attenante qui contient ses reliques. Saviez-vous que ses parents ont été canonisés et que ses quatre sœurs étaient toutes devenues des religieuses ? De quoi se poser des questions tout de même…

En face de la basilique, la maison d’Ozé date aussi du XVe siècle. L’office de tourisme y a pris place. La place Magdeleine est très vivante les jeudis et samedis, car elle accueille le marché. J’ai d’ailleurs acheté mon pique-nique chez les producteurs locaux à mon arrivée à Alençon ce jeudi-là.

Le quartier Saint-Léonard

Le quartier Saint-Léonard est le plus ancien de la ville. Le charme d’Alençon opère dans ses ruelles et ses cours médiévales. Les maisons à pans de bois, les anciennes portes de la muraille qui entouraient Alençon, le cours d’eau la Briante apportent une atmosphère séduisante.

Le château des ducs d’Alençon

Le château remonte au XIVe siècle et a été fondé par les seigneurs de Bellême. Aujourd’hui, seuls le châtelet d’entrée et une tour sont conservés, ainsi que le parc des promenades de 4 hectares. Symbole du duché pendant de nombreuses années, il fut transformé en prison en 1824 jusqu’en… 2010 ! Je vous avoue qu’imaginer ces hommes enfermés dans ce château-fort m’a glacé le sang. Thierry, qui avait eu l’occasion d’y entrer, confirme mon ressenti.

La ville d’Alençon a racheté à l’Etat ce bâtiment historique en plein cœur de ville pour 1 euro symbolique. Les cours du château ont été transformées en jardin urbain. Une passerelle au-dessus de la Briante amène au jardin expérimental de la Société d’Horticulture de l’Orne. Prochainement, est prévue une concertation publique sur l’avenir du château.

Château d'Alençon

Sur la place Foch, à deux pas, l’hôtel de ville et le palais de justice rappellent toujours à l’ordre. On continue la promenade avec Thierry. La Halle au Blé, de forme circulaire et dotée d’une coupole en métal et en verre, ne passe pas inaperçue. La Halle aux toiles témoigne aussi du passé commercial d’Alençon. L’hôtel de Guise, quant à lui, date du XVIIe siècle et abrite aujourd’hui la préfecture.

Le savoir-faire des dentellières

Que faire d’autre à Alençon ? La ville est réputée dans le monde entier pour son savoir-faire de la dentelle. Elle conserve les secrets d’une technique particulière et unique, celle de l’aiguille au point d’Alençon. Inscrit au Patrimoine Culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2010, sa renommée est due à Colbert qui, au XVIIe siècle, créa une manufacture royale. À son apogée, 60 fabriques de dentelle employaient 7 000 dentellières. Chacune d’entre elle connaissait uniquement un détail du travail et seule la maîtresse dentellière pouvait réunir et confectionner l’ensemble.

Le musée des beaux-arts et de la dentelle est installé dans l’ancien collège des Jésuites. Il revient sur l’histoire de ce savoir-faire local à travers les siècles. En dehors de la dentelle, il détient aussi une collection de peintures des écoles françaises et européennes et d’objets cambodgiens.

La vidéo ci-dessous présente les différentes étapes nécessaires à la réalisation de la dentelle ainsi que les dentellières de l’atelier contemporain. Le collège des Jésuites accueille effectivement, entre ses murs, des femmes qui s’attachent à faire perdurer le travail de la dentelle. La minutie et la patience qu’elles possèdent pour réussir un tel travail est incroyable.

L’art des dentellières d’Alençon | Publicam Productions

De très beaux vêtements sont présentés dans les vitrines. Ne manquez pas le voile de mariée acquis à Drouot pour 65 000 euros. D’une longueur de 3,50 mètres sur 2 mètres au plus large, il a été entièrement réalisé avec la technique à l’aiguille du point d’Alençon. Le temps de travail estimé se situe entre 350 000 et 500 000 heures ! Soit une année de travail pour 100 dentellières ! C’est bien simple, il faut environ 7 heures pour réaliser 1 cm2.

Attenante au musée, l’ancienne chapelle des Jésuites, est désormais reconvertie bibliothèque municipale. Je n’ai pas pu y accéder, mais apparemment ça vaut le détour. Les boiseries ont l’air remarquables.

Les jardins d’Alençon de Catherine

Voilà pour la visite patrimoniale d’Alençon. Riche, n’est-ce pas ? Continuons notre promenade pour savoir que faire à Alençon. Je vous présente Catherine, dynamique et pétillante, qui m’emmène découvrir les jardins d’Alençon. Elle me raconte aussi, un peu, son histoire, en tant que présidente de la société d’horticulture de l’Orne (SHO). Elle s’occupe de l’entretien du verger pédagogique et du jardin expérimental.

greeters société d'horticulture de l'orne

Le verger pédagogique

Le verger se situe au cœur du centre-ville, dans la cour jouxtant la maison d’Ozé. Il est appelé pédagogique, car l’une des vocations principales de la SHO est de transmettre les meilleures manières de tailler les arbres et d’entretenir son verger. Vaste programme ! Chaque arbre est parrainé par un particulier et les espèces présentées sont toutes différentes. Deux variétés de poires sont d’origine locale : la Figue et la Doyenné d’Alençon.

Au verger pédagogique de la Société d’horticulture de l’Orne, tous les traitements sont naturels et l’écosystème est respecté. L’équipe cherche à atteindre un équilibre entre les bêtes prédatrices et les auxiliaires. Catherine me donne tout un tas de conseils pour tailler les fruitiers et des astuces préventives pour les protéger : huiles végétales, savon noir, goudron de Norvège, chaux, pièges englués et à phéromones, etc. Toutes les techniques sont bonnes à prendre.

Des roses normandes agrémentent aussi le verger : la rose ‘Triomphe d’Alençon’, la rose ‘Belle de Rémalard’, la rose ‘Fantin Latour’ et la rose ‘Thérèse de Lisieux’.

verger pédagogique d'Alençon

Le jardin expérimental

Le jardin expérimental est l’autre parcelle dont s’occupe la SHO. C’est un espace d’échanges expériences qui a été, pendant longtemps, à l’écart du passage urbain dans la rue de Balzac. Il a désormais trouvé une place centrale dans le projet de rénovation du château d’Alençon, mais non sans encombre. Les récents aménagements et la construction de la passerelle ont endommagé les massifs existants. Ce sera l’occasion de repenser le jardin dans les prochains temps. On observe différents espaces : une « mixed border », un jardin japonais, des dahlias d’Alençon, des plantes médicinales ou encore un pin de Wollemü. Amateurs, passionnés, jardiniers en herbe, gourmands, amoureux des roses, artistes, botanistes, créateurs sont invités à échanger et partager autour du jardin.

jardin expérimental d'Alençon

Des initiatives d’Alençonnais

Vous l’aurez compris, ce sont beaucoup les habitants qui font la ville. Un peu comme au Mans d’ailleurs. D’autres initiatives sont à découvrir ainsi que des entreprises de fabrication locale :

  • celle de l’association les courts circuits et son projet d’oasis. Elle accompagne les « initiatives citoyennes en faveur du développement durable » à Alençon et dans ses alentours : guinguette, jardin participatif, repair café, etc. ;
  • l’association Foksa organise le Blizz’Art festival chaque année à 20 minutes d’Alençon ;
  • la savonnerie Barbe noire ;
  • la marque de vêtements sixone ;
  • etc.

Informations pratiques

Où dormir à Alençon ?

J’ai séjourné à la chambre d’Alençon. L’appartement est vraiment splendide. Dans le centre-ville, en face de la Halle au blé, une ancienne chambre de bonne d’une magnifique demeure a été totalement rénovée. Poutres apparentes, escalier en bois en colimaçon, terrasse sur les toits de la ville, cet endroit est un bel écrin au cœur d’Alençon.
La bibliothèque est garnie de livres religieux et les lieux sont décorés de sculptures de saints. Si vous êtes allergique à la religion, passez votre chemin, sinon, vous serez dans le bain de l’histoire de Saint-Thérèse !

Où manger à Alençon ?

Le marché sur la place de la Madgeleine a lieu les jeudis et samedis. Des producteurs locaux proposent des produits biologiques. Saviez-vous que le village de Camembert à l’origine du fromage réputé mondialement se trouve dans l’Orne ? Pas de camembert pour moi, mais du Carrouges, un fromage aux allures de comté. Il est réalisé par la famille Mercier, éleveurs de vaches laitières à Saint-Sauveur-de-Carrouges, à 30 min d’Alençon.

La fourmi a testé les restaurants d’Alençon

  • 💰💰 La Suite. J’ai adoré. Tout était parfait : l’accueil, le service, la cuisine, la rapport qualité-prix. Je vous conseille de réserver une place au comptoir si vous êtes deux. Vous serez face à la cuisine, idéal pour admirer le travail des cuisiniers.
  • 💰💰💰 Au petit Vatel. Cette institution alençonnaise a récemment changé de propriétaire. J’ai seulement pris le panier-repas que le chef propose à emporter pour le déjeuner. Vu la qualité du pique-nique, je n’ose même pas imaginer le repas à table qui doit être divin.
  • 💰 L’Épicure. Une brasserie plus simple, que l’on m’avait conseillée deux fois, et qui tient ses promesses.

Dans les environs d’Alençon

Vous aviez crû que c’était terminé ? Et bien ce n’est pas tout ! Si Alençon mérite de s’y attarder un jour ou deux, ses environs ont encore bien plus à offrir. Vous pouvez facilement passer une semaine dans les environs d’Alençon.

Sachez d’ailleurs qu’il est possible de louer un scooter électrique à la semaine chez Mobilitix, à 2 minutes à pied de la basilique, un très bon moyen de visiter le coin sans prendre sa voiture.

Entre les Alpes Mancelles et la forêt d’Écouves dans le parc naturel régional Normandie-Maine ou le parc naturel du Perche, les alentours d’Alençon n’auront plus de secrets pour vous ! Pour les cyclistes, le circuit de la Véloscénie fera votre bonheur. Bref, il y a de quoi faire à Alençon !

Cette découverte a été réalisée en partenariat avec l’office de tourisme de la communauté urbaine d’Alençon. Merci à Vincent Lucas, directeur et à Sandrine Pottier, à la communication, pour leurs recommandations et l’organisation sans faille.

Let's go !
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Comment organiser mes vacances responsables en France ?

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Latest comments
  • Marine

    2 juillet 2020

    Bonjour!
    Merci pour ces découvertes!! Je suis née à 70 km de là à l’autre extrémité de l’orne, y ai vécu 25 ans et je crois n’avoir jamais pris le temps d’aller visiter ces jolies lieux. Comme vous le dites, la ville a très mauvaise réputation…
    A noter pour mon prochain périple Normand !

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