Portrait de clara, jardinière en permaculture

Clara, permacultrice à l’Abbaye de l’Épau, est un « sapling »

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Vous savez ce qu’est un « sapling », vous ? A l’image de Wanderlust et comme beaucoup de mots anglais, il en faut plusieurs en français pour obtenir une traduction précise. Clara, jardinière en permaculture, se sent comme un « jeune arbre ».

Qui est Clara ?

Née à New-York, en plein quartier de Manhattan, cet environnement ne la prédestinait pas à devenir aussi proche de la nature. C’était sans compter les moments de son enfance, qu’elle passa dans la maison de campagne de sa famille, à 1h de la grande ville. Ce sont ces instants qui ont planté une graine dans son esprit qui a germé que plus tard. À l’issu de ses études de linguistiques à l’université, elle a trouvé la voie de l’horticulture au cours d’un stage dans un jardin. En 2010, à 24 ans, elle décide de s’expatrier dans le sud de la France. Elle commence alors des études européennes d’agro-écologie pour valoriser sa pratique du jardinage. Neuf années plus tard et après diverses expériences dans des jardins botanique, public, urbain, dans le maraichage et dans l’arboriculture, elle développe des jardins en permaculture à l’Abbaye de l’Épau, près de la ville du Mans, en Sarthe.

La permaculture, c’est quoi?

Clara nous livre sa définition de la permaculture. Pour elle, cette pratique consiste simplement à respecter la nature en prenant soin de la terre et de soi-même, et en considérant l’ensemble des êtres vivants. En ce qui concerne le jardinage, l’idée est de créer un maximum de biodiversité. Par exemple, on parle souvent de « l’effet bordure » qui consiste à travailler sur les limites entre les différents espaces de cultures. La zone entre une prairie et une forêt va être la plus riche en biodiversité, car les espèces qui vivent dans les deux espaces se mélangent. L’objectif est d’imiter cette succession écologique dans un petit endroit en reconstituant la diversité grâce à la plantation de couvres-sols, d’arbustes, d’herbacées, d’arbres, etc.

Clara ne cesse d’expérimenter, d’essayer, de tester. L’apprentissage est quotidien. Même si le permaculteur vit un échec, il le transforme en apprentissage pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. La permaculture n’a pas de recette miracle. Il faut observer, accepter les contraintes et agir en fonction.

La permaculture ne concerne pas uniquement le jardinage, mais propose une philosophie de vie globale. Elle réinvente un système dans le but de parvenir à une société plus durable. À l’image de la nature qui possède une résilience face aux changements, cette société serait prête à affronter les crises et les tempêtes.

La permaculture à l’Abbaye de l’Épau

Le département de la Sarthe, propriétaire de l’Abbaye royale de l’Épau a l’ambition de redonner sa mission vivrière au site en transformant le vaste parc enclos de murs en jardin cultivé. Afin de bien l’ancrer dans le XXIème siècle, le jardin sera développé selon le système permaculturel qui respecte et utilise les écosystèmes naturels et permet de développer une culture intensive sans éléments artificiels et extérieurs.

L’idée est de créer un endroit reposant, dont il émane une atmosphère accueillante et généreuse. La dimension pédagogique du projet est essentielle. L’abbaye a accueilli des moines cisterciens jusqu’à la révolution et elle reste emprunte de cette spiritualité passée. Le jardin est le moyen de rappeler aux visiteurs que les moines vivaient en autarcie et cultivaient ce dont ils avaient besoin. En s’inspirant de sa définition de la permaculture, Clara a comme mission de réaliser ce jardin. Elle a la lourde tâche de produire abondamment sur une petite surface ! Elle associe des légumes potagers à des arbustes, des petits fruits, des aromates et des fleurs. La production de légumes est ensuite valorisée et transformée dans le restaurant de l’abbaye de l’Épau. Aujourd’hui, la parcelle est de 1000 m2, puis elle va s’étendre sur environ 2000 m2 pour y intégrer une forêt-nourricière avec des ruches et des poules. Clara s’occupe aussi, en partie, du verger conservatoire, planté en 2017, qui est composé d’une centaine d’arbres fruitiers. Elle souhaiterait l’exploiter dans un second temps en agroforesterie. Cette technique agricole, permet de mixer les productions dans un même espace. Par exemple, des fruitiers ou des arbres à bois sont plantés et d’autres produits sont cultivés dans les inter-rangs. En Normandie, les pommiers poussent dans les champs de vaches. Cela permet de gagner de l’espace, de diversifier les productions pour avoir une meilleure résilience et d’augmenter ses rendements cumulés.

Permaculture abbaye Epau Sarthe
jardin abbaye Epau Sarthe Le Mans

Et si on voyageait avec Clara ?

Son rêve

Même si Clara sait pertinemment que la permaculture demande de la patience, elle ne peut s’empêcher de souhaiter un développement rapide !!! Elle a hâte de manger des fraises et des groseilles !

Ses endroits préférés

  • La campagne new-yorkaise à l’automne, près de la rivière Hudson, vous l’aurez compris, elle y a plein de souvenirs d’enfance.
  • Big sur, une partie de la côté californienne. Elle adore y observer les flaques de marées. Lorsque la mer redescend, l’eau reste dans des creux entre les rochers et un monde vivant y grouille. On peut y voir des anémones, des étoiles de mer, des crabes…
  • Le sud de la France dans la région du minervois et des corbières. C’est là-bas qu’elle s’est installée à son arrivée en France.

Sa définition du voyage

Pour Clara, le voyage consiste à s’intégrer dans un endroit, à partager le quotidien de ses habitants. Il faut pouvoir se poser et s’imprégner d’un lieu. « Je préfère vivre quelque part plutôt que d’y passer en touriste » dit Clara. Le « sapling » reste enraciné !