Les universités du tourisme durable

La 5ème édition des Universités du Tourisme Durable, organisée par l’association ATD, est le rendez-vous annuel et incontournable pour les acteurs du secteur. Ce moment permet d’aborder des questions essentielles sur les enjeux du tourisme actuel. Je suis ravie d’y avoir participé, d’autant plus qu’il était organisé à la Rochelle, pour mon plus grand plaisir. Ce fût donc l’occasion de revenir dans cette belle ville que j’avais découverte quelques mois plus tôt et qui m’avait séduite. Cet évènement donne l’occasion d’échanger entre professionnels qui agissent au quotidien pour un tourisme plus responsable. J’ai eu enfin la sensation de faire partie d’un mouvement… beaucoup plus vaste que je ne le pensais ! Retour sur l’expérience de ces deux journées.

© JEAN-FRANÇOIS AUGÉ / STUDIO OUEST / PHOTOGRAPHE LA ROCHELLE

Une introduction à la transition ecologique dans le tourisme

Guillaume Cromer, président d’Acteurs du Tourisme Durable a pris la parole pour introduire l’événement : « Comment rendre attractif le zéro ? ». Cette notion est perçue dans nos esprits comme une valeur neutre et bien souvent négative. La difficulté est donc de faire évoluer nos mentalités et de remettre en cause nos certitudes établies. Comment peut-on participer et agir à la transition écologique dans le tourisme ? Cette question raisonne finalement autant dans nos pratiques professionnelles que dans notre cœur individuel. Tout juste lauréate à l’appel à projets « Territoires d’innovation » lancé par la Banque des territoires, La Rochelle était le lieu idéal pour accueillir ces réflexions. En effet, cette ville touristique par excellence, aux portes de l’Ile de Ré et réputée pour son histoire maritime, s’est lancé le défi de devenir zéro carbone d’ici 2040 !

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Les Conférences du jeudi

Les entreprises doivent agir

Le jeudi matin, Constance Huckendubler, directrice de publication à l’ESCAET rentre dans le vif du sujet en abordant la question ambivalente : « comment allier croissance touristique et développement durable ? ». J’ai beaucoup aimé l’idée que le tourisme est intrinsèquement durable parce qu’il s’agit avant tout d’ouverture, de partage et d’échange. Ce serait les épiphénomènes, entre autres, comme la digitalisation et les voyages « instagrammables » qui auraient modifié cette vision.

Pour Constance Huckendubler, les entreprises touristiques doivent faire évoluer leurs packages. Les clients, ayant modifié leurs attentes, sont désormais prêts pour le changement et ne veulent pas uniquement payer moins cher. Un nouveau modèle est à réinventer en proposant des hébergements, des activités et des transports respectueux de l’environnement et des hommes. La question de la production se pose toujours hélas, car aujourd’hui les gros distributeurs restent leaders pour vendre les produits. La Responsabilité Sociale des Entreprises est aussi un enjeu primordial. Ces dernières doivent œuvrer quotidiennement à mettre en place des actions pour respecter les principes du développement durable d’un point de vue social, environnemental et économique.

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Des tables rondes

La structure Charentes tourisme a présenté un outil mis en place avec RMD technologies. Le « Revenue Management de Destination » accompagne les structures touristiques et les aide à comprendre leurs résultats et la conjoncture. L’objectif étant de diminuer leur dépendance au monopole des plateformes internet. Grâce à ce logiciel d’études, les acteurs resteraient dans le contrôle et pourraient se gérer directement.

Deux tables rondes ont complété cette matinée. Pour connaître le programme détaillé, vous pouvez consulter le site des universités du tourisme durable. La première avait pour thème l’overtourisme avec la présence de :

  • Yann Hélary, vice-président du Réseau des Grands Sites de France,
  • Clémentine Lamendin, responsable des partenariats touristiques et culturels chez Affluences,
  • Bernard Giudicelli, de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie.

La seconde présentation de la matinée qui traitait du « tourisme zéro impact : quel rôle des consommateurs et comment les mobiliser ? », rassemblait autour de la table :

  • Vincent Fonvieille, président d’ATR et DG fondateur de La Balaguère,
  • Bastien Trouvé, gérant du Camping Les Baleines,
  • Rachel Loison, responsable RSE chez Best Western France,
  • Laurianne Ernest, manager chez EcoAct.
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Des ateliers aux universités du tourisme durable

Les ateliers du jeudi après-midi tiraient deux fils rouges : le zéro et le 100%, le parfait moyen d’équilibrer le débat ! Comment agir et quelles actions réalisées pour aller vers le zéro déchet, le zéro voiture ou avec zéro budget ? Comment s’organiser pour proposer une alimentation 100% local, quels moyens mettre en place pour être entièrement accessible et comment mettre en lien les professionnels du tourisme avec leur territoire ? Merci à tous les intervenants qui ont animé les débats en parlant de leurs innovations et actions. Merci à eux pour le partage de leur expérience.

© JEAN-FRANÇOIS AUGÉ / STUDIO OUEST / PHOTOGRAPHE LA ROCHELLE

les eductours du vendredi

Le vendredi était le temps de l’eductour, celui des découvertes d’initiatives responsables de la région. En petit comité, cette journée était propice aux échanges entre les intervenants et les participants. Nous avions le choix entre une exploration dans l’Aunis et le Marais poitevin ou dans la ville de la Rochelle. À votre avis, j’ai choisi laquelle ?

Des projets d’économie circulaire

La première, qui a débuté sur les chapeaux de roue, avec une présentation de la brasserie artisanale La Rieuse. Arnaud, agriculteur-brasseur nous a expliqué son projet et la réalisation de quelques-unes de ses bières spécifiques. En effet, leur production participe à l’économie circulaire. « La Fée Nixe », par exemple, est réalisée avec les restes du pain de la boulangerie du village. Au lieu de jeter ses baguettes, le commerçant toaste le pain invendu et le donne à Arnaud. Ce dernier l’utilise ensuite comme céréale pour fabriquer sa bière. Une technique zéro déchet qui permet de créer un partenariat local, et en plus, le breuvage est super bon !

S’ensuit un échange avec la structure qui a soutenu ce projet, le CyclaB. Laboratoire d’innovation, son objectif est de valoriser les déchets de Cyclad, le synidicat qui assure la collecte des déchets ménagers de la Charente-Maritime. Son ambition est de créer des partenariats avec des acteurs du territoire pour qu’ils transforment certains rebuts en objets utiles, esthétiques et qualitatifs. C’est ce qu’on appelle de « l’upcycling ». Ils récupèrent les pieds de chaises pour en faire un jeu de molky, transforment les chutes de teck de ponts de bateaux en jeu de domino, les drêches (déchets de la bière) en biscuits, etc. Une magnifique initiative zéro déchet et collaborative ! Et si vous en connaissez d’autres comme ça en France, je suis preneuse !

gastronomie et nature

Après cette visite inspirante, direction l’éco-camping La Frênaie où un superbe déjeuner nous attend, préparé par le cuisinier de la Table d’As. Ce restaurant se situe dans le village de Surgères. Le chef s’est déplacé pour nous servir un repas délicieux et très travaillé. Il propose une cuisine traditionnelle familiale et bistronomique avec des aliments de saison et frais. En entrée, l’églade a fait son show ! J’ai découvert ce plat traditionnel des Charentes. Vous connaissez ? Plus qu’une recette, c’est une technique de cuisson de moules. Parfaitement disposés en cercle, les coquillages sont chauffés par le feu d’aiguilles de pin disposées sur le dessus. Le tout est aménagé sur une table centrale et les convives dégustent à la main les moules, un délice et hyper convivial !

Après un repas complet, nous avons visité La Frênaie, guidés par l’équipe. Organisé en scop (société coopérative et participative), ce n’est pas seulement un lieu d’hébergement. Cet endroit propose aussi un programme d’éducation à l’environnement et un savoir-faire dans la fabrication et la vente de yourtes. L’équipe expérimente depuis plus d’une dizaine d’année un fonctionnement d’autogestion tourné vers l’humain et la nature. Les animateurs sont passionnés par leur lieux, havre de paix où la biodiversité a repris ses droits.

Ces deux journées d’universités du tourisme durable ont été très enrichissantes et à un moment charnière dans mon projet. Elles permettent d’apprendre, de se nourrir, d’échanger et de ne pas se sentir seul. J’ai pu rencontrer de nombreux acteurs : hébergeurs, entrepreneurs, associations, institutionnels, offices de tourisme qui agissent au quotidien pour un tourisme plus responsable. Toutes ces forces et initiatives mettent du baume au coeur et c’est tellement rassurant de voir que oui, les gens se bougent et font du tourisme respectueux de la nature et de l’humain, un projet de vie.

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Latest comments
  • Michael

    16 novembre 2019

    Le CRT participe aux Universites du Tourisme Durable 2019, qui se tiendront les 3 et 4 octobre a La Rochelle, rendez-vous incontournable du reseau ATD (Acteurs du Tourisme Durable). Surtourisme, mobilites, zero dechet, sont autant de sujets qui seront abordes lors de ces deux journees d echanges et de reflexion entre professionnels.

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