zéro déchet Le Mans Sarthe

L’entrepreneuse Anaïs Radepont est une citoyenne

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Anaïs a 26 ans. Depuis aussi longtemps qu’elle se souvienne, elle a toujours voulu être entrepreneuse. En décembre 2018, elle créé Ekwana, une structure d’éducation à la transition écologique. Anaïs n’était pas vraiment prédestinée à se battre pour l’environnement et le zéro déchet. Après des études en commerce international, elle a débuté une carrière « prometteuse » dans de grandes multinationales, vendues comme le graal à la sortie de ses études. Après une expérience chez Bolloré puis, pour un mandataire automobile, son dernier poste chez LVMH a confirmé ses doutes ; Anaïs se trompait de direction. Au quotidien, elle pratiquait des gestes écologiques et réduisait ses déchets.La démarche qu’elle appliquait dans sa vie personnelle était en totale contradiction avec les missions de son travail qui consistaient à faire du chiffre. Elle ne supportait plus de participer à ce système, où la croissance est l’indice de satisfaction au détriment de la planète et de l’humain. Anaïs eut le déclic au cours d’une visite du dépôt de l’entreprise LVMH. Des montagnes de cartons s’amoncelaient dans un coin. Tous ces invendus allaient être jetés car LVMH est une marque haut de gamme qui ne veut pas appliquer de réductions pour ne pas altérer son image… C’en était trop pour Anaïs. Il était hors de question qu’elle contribue plus longtemps à ce système capitaliste.

Ekwana : zéro déchet et transition écologique

Anaïs arrête tout et revient dans sa ville natale au Mans en juillet 2018 pour se former à la CCI et entamer sa réflexion. Elle veut désormais se battre pour l’environnement et retrouver un sens à sa vie, en accord avec ses principes. Anaïs nomme son entreprise Ekwana, un mélange entre son prénom, l’écologie et le voyage, qu’elle affectionne tout particulièrement. Son objectif consiste à informer et à sensibiliser le grand public et les entreprises sur l’impact que notre mode de vie a sur la planète et sur l’humanité. Ekwana accompagne chacun à être écoresponsable grâce à des actions et à des solutions simples et faciles à mettre en œuvre au quotidien. Sans cible prioritaire, elle veut pouvoir toucher tout le monde. Ekwana s’adresse à tous les professionnels (entreprises, institutions, collectivités, établissements scolaires), mais aussi aux particuliers. L’accompagnement des personnes est primordial. Anaïs conseille d’y aller petit à petit, c’est pour cela qu’elle parle de transition. Il faut agir maintenant pour être près dès demain. Elle débuta son activité rapidement en réalisant des ateliers zéro déchet dans des lieux emblématiques du Mans comme la Maison café ou l’épicerie Day by Day. Aujourd’hui, elle mène aussi des coachings individuels pour les particuliers, sensibilise des entreprises grâce à des interventions in situ et organise aussi des ramarchages. Cette action consiste à ramasser des déchets et à marcher en même temps, une adaptation du plogging suédois. Le prochain projet d’Anaïs ? Réaliser des défis « zéro déchet » pour les familles. Elle souhaiterait accompagner des foyers dans leur réduction des déchets. L’objectif serait d’informer, d’analyser et de trouver des alternatives. Ce programme serait aussi l’occasion pour les familles de se rencontrer et d’échanger sur les problématiques et les solutions. L’appui des collectivités territoriales est indispensable à ce projet.

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Et si on voyageait avec Anaïs d’Ekwana ?

Son rêve

Anaïs voit les choses simplement. Réduire ses déchets et conscientiser sa consommation est facile, il faut juste que tout le monde s’y mette pour pouvoir changer la donne. Elle rêve que tout le monde se sente concerné par l’environnement et modifie sa façon de vivre pour pérenniser l’humanité. Elle imagine une société épanouie, où personne ne se poserait plus de questions pour l’avenir et les générations futures; où chacun vivrait heureux et apaisé, comme dans le film « La belle verte », dans une société de partage, d’échange et de coopération. Anaïs souhaiterait que les politiciens s’occupent d’améliorer les conditions de vie des citoyens, plutôt que d’assouvir à tout prix leurs ambitions politiques, qu’ils oublient les lobbies et la croissance pour se recentrer sur l’humanité et la planète. Il faut agir maintenant et ne pas attendre une catastrophe pour réagir.

Anaïs aimerait devenir maman un jour, mais ne « serait-ce pas égoïste de donner la vie dans un monde infernal ? Car, c’est ce qui attend la génération future si nous ne changeons pas nos manières de vivre, de produire et de consommer. »

Son endroit préféré

Anaïs aime tellement le monde qu’elle n’a pas d’endroit préféré. Elle s’émerveille de tout et est fascinée par tous les lieux où elle passe, la forêt, la mer, par tous les pays qu’elle a visités. Elle nous raconte un de ses plus beaux souvenirs, lorsque dans la baie de New York, une baleine a sauté devant elle. En plus de songer à un monde meilleur, Anaïs rêve de nager un jour avec ce mammifère !

Sa définition du voyage

Pour Anaïs, le voyage est une découverte : découvrir de nouvelles choses, une culture, de la nourriture, des paysages, de nouvelles odeurs… C’est justement parce qu’elle est fascinée par le monde qu’Anaïs se bat pour le préserver. D’ailleurs, son optimisme la rattrape toujours : « les choses changent. Il y a deux ans, personne ne parlait d’écologie, désormais, ce sujet est quotidien et au cœur des débats de société ».